Invités du jeudi 17 novembre 2016

Erwan LE LANN

Naviguer loin, uniquement dans des espaces naturels, aller au plus profond des régions polaires, se frotter à des conditions extrêmes et partager des grands moments d'alpinisme, de ski ou d'apnée libre: tel est le projet auquel se prépare le Finistérien Erwan Le Lann, en compagnie d'autres aventuriers.

Les marins et les montagnards sont plus proches qu'on ne l'imagine. Si les montagnes de vagues ou les mers de glace relèvent de l'explication un peu simpliste, ils ont toutefois un point commun : le milieu dit hostile qui, sans cesse, dicte sa loi, bien souvent imposée par la météo. Prendre le large et de la hauteur, tel est donc le projet d'Erwan Le Lann qui a appareillé, pour une circumnavigation dans le Pacifique, via une première escale en Islande. Son idée ? Parcourir, pendant quatre ans, des régions inexplorées du globe, uniquement accessibles par la mer, afin de partager avec d'autres des grands moments d'alpinisme, d'escalade de glaciers, d'exploration de grottes, de ski mais aussi d'apnée libre, de kayak, de surf...

Il est vrai qu'Erwan Le Lann est un habitué des défis. Avec d'autres, il a créé le plus grand événement d'escalade au monde, le Petzl RocTrip. Un véritable raid qui, en 2014, a duré quarante jours et autant de nuits en Europe de l'Est, traversant la Roumanie, la Bulgarie, l'ancienne république yougoslave de Macédoine, la Grèce et la Turquie. Des échanges avec l'explorateur-aventurier polyvalent Mike Horn et le navigateur Thierry Dubois, dont la goélette tire des bords au Groenland et en Islande, ont conforté Erwan Le Lann dans son nouveau projet. « L'expédition traversera les deux régions polaires pour explorer le Groenland, l'Ile de Baffin, l'Alaska et l'Antarctique. Ces régions reculées recèlent encore de nombreuses montagnes inexplorées, permettant la réalisation de premières, dans des conditions extrêmes, pour l'alpinisme, le ski ou l'escalade de glace », raconte-t-il. Ne reste plus qu'à boucler le budget de 460.000 €, les fonds déjà collectés permettant déjà de financer la première année de ce raid qui réunira, autour d'Erwan, une première équipe composée de Jeanne Grégoire, Aymeric Clouet, Lionel Daudet et Guillaume Vallot.

Bertrand DELAPIERRE

Il est de ces oiseaux capables de faire grimper une caméra dans les itinéraires les plus engagés, pour cadrer lui-même les images de ses films. Bertrand vit et travaille à Passy, sur la route du mont Blanc. En 1994, il s'envole de la vallée pour suivre des études supérieures d'ingénieur en matériaux composites à Chambéry pour lier sa passion de la technique à celle de la montagne. Mais son attirance pour l'image finit par l'emporter. Aujourd'hui réalisateur et cadreur, il a commencé par des images de glisse, sur l'eau et la neige.

Alpiniste émérite, ses connaissances lui ont permis de partager avec son ami et compagnon de cordée Marco Siffredi (premier snowboardeur à descendre l'Everest par le couloir Norton au printemps 2001) de nombreuses descentes en pentes raides dans les Alpes et en Himalaya. Ses connaissances en ingénierie lui ont permis d'être à l'origine du premier site Internet à diffuser des vidéos de montagne et vient de créer son site perso. Le très haut niveau de performance est omniprésent dans ses films, mais il reste un moyen pour souligner la beauté de la montagne et l'intensité d'une histoire de cordée.

Lionel DAUDET

L’alpiniste philosophe un alpiniste français né le 4 février 1968 à Saumur. Il a réalisé en décembre 2006 la première traversée du massif du mont Ross dans l'archipel des Kerguelen, enchaînant les deux sommets, le petit et le grand Ross, séparés par une arête très escarpée1. Il réside actuellement à L'Argentière-la-Bessée, à quelques kilomètres de Briançon.a délaissé les exploits techniques pour l’exploration des zones verticales de la planète. C’est d’ailleurs ainsi qu’il se définit : «explorateur d'horizons verticaux». Lionel Daudet, dit le « Dod », est un homme araignée qui a réalisé de nombreuses premières dans les contrées les plus inaccessibles de la planète, de l'Amazonie au Grand Nord. L’esprit voltigeur, il voyage léger : jamais d'assistance ni de radio. Installé aujourd’hui à l’Argentière la Bessée (Hautes-Alpes), Lionel est alpiniste professionnel, photographe, écrivain, conférencier, guide de haute montagne. «Grimper ne se résume pas à escalader une montagne», aime-t-il dire. Quel que soit le lieu, Lionel Daudet continue d’escalader, projet après projet, année après année, sa montagne intérieure... le très beau titre de son livre.

Le 10 août 2011, Lionel Daudet est parti du sommet du mont Blanc pour le DODtour, un tour de la France « exact » sans aucun moyen motorisé, en suivant au plus près la frontière terrestre et le littoral de la France métropolitaine ; ce tour de France s'est achevé le 15 novembre 2012 par une ascension en conditions hivernales du mont Blanc puis une descente en parapente

Jorg VERHOEVEN

Un parcours de compétiteur "Quelle que soit leur discipline, tous les athlètes partagent des sentiments relativement similaires. Ils ont finalement le même genre de relation avec leur marque, leur équipement, leur équipe. Seul diffère le niveau de reconnaissance médiatique. En tant que grimpeur néerlandais, j’ai commencé en salle, mais je me suis vite rendu compte qu’il y avait autre chose. Depuis 2005, j’habite dans les Alpes autrichiennes. En un mot, je vis un rêve. Je suis grimpeur professionnel de compétition, mais je grimpe aussi beaucoup en extérieur. Le plaisir est vraiment dehors dans la nature."

ne progression rapide de la salle d'escalade aux "big wall"

"Ma vie de grimpeur peut se résumer ainsi : principalement de la compétition dès le début, puis de l'escalade sur bloc et maintenant un maximum d’escalade dans des voies sportives en grandes parois.

Peu de temps après avoir commencé à grimper, c’est devenu évident pour moi. J’allais devenir grimpeur professionnel. Dès la fin du lycée, j’ai fait ma valise et je suis parti, abandonnant mon plat pays pour découvrir le plus de choses possibles en matière d'escalade.

J’ai vu beaucoup d’endroits dans le monde, certains magnifiques et d’autres pollués. On trouve du rocher partout. Mon " spot " est l'île de la Réunion pour me ressourcer, cela ne fait aucun doute. L’île est tout simplement paradisiaque.

Saïd BELHAJ

L'escalade pour vivre : "Pour les grimpeurs du team Petzl, l’escalade est un mode de vie qui dépasse la passion. Nous la pratiquons quotidiennement et on en n’a jamais assez. C’est un style de vie qui ne peut pas s’arrêter, même s’il n’est pas toujours possible d’en vivre. Cette pratique est reliée à la vie, à la nature. Etre dehors à grimper tout le temps est assez proche de l’animal. Voyager, rencontrer des gens, partager ce qui n’existait pas encore la veille représente une valeur sociale infinie."

"J’ai découvert l’escalade vers l’âge de 10 ans lorsque je grimpais encore aux arbres. Depuis, je grimpe, d’une façon ou d’une autre. J’ai fait partie de l’équipe nationale suédoise pendant 10 ans, on faisait des compétitions partout dans le monde. Comme je préfère être dehors sur le rocher, c’est difficile pour moi de grimper en salle. Aujourd’hui, je suis présent dans tous les domaines de l’escalade libre: bloc, falaise, compétition, grande paroi."