Lieu de naissance d’une discipline qui allait convertir au fil du temps toute une frange de contemplatifs et d’animistes en sportifs conquérants, il était écrit que si un jour l’homme devait gravir une montagne dans le seul but de dire qu’il l’a fait, ce serait au Mont Aiguille. Quelle montagne autre que ce monolithe détaché du reste du Vercors pouvait autant sublimer la crainte que l’on avait alors des pics en curiosité ?
La voie normale moderne décrit un cheminement quelque peu tortueux dans la face Nord-Ouest en empruntant toutes les lignes de faiblesse du rocher. L’escalade ne dépasse que très rarement le 3ème degré et les passages les plus techniques sont souvent équipés d’un câble. L’orientation dans cette face complexe reste cependant la principale difficulté, y compris à la descente où il est vivement conseillé de suivre un itinéraire différent de celui de montée.
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Temps d'accés depuis Grenoble : 1h
Massif : Vercors
Altitude : 2087m
Denivelé : 910m
Durée totale : 6h
Difficulté : PD
Cotation escalade : 3
Hauteur de la voie : 250m
Transports en commun : Train TER, gare : Clelles (+taxi possible depuis la gare de Clelles - se renseigner auprès de la gare)
Recommandé aux familles : Non
Lac : Non
Chiens autorisés : Non
Matériel spécifique : corde de 2x50 m (rappel obligatoire de 45 m), quelques sangles et mousquetons, quelques petits coinceurs, descendeur, casque
Départ : Richardière, au bout de la piste forestière – 1180 m
Accès : de Grenoble, emprunter l’A 51 et sortir à Vif. Suivre ensuite la D 1075 (ancienne N 75) jusqu’à Monestier-de-Clermont, puis Clelles. Bifurquer ensuite à droite en direction de Chichilianne et rejoindre Richardière. Passer l’hôtel « Au gai soleil du Mont Aiguille » et prendre à droite à un carrefour de pistes. Monter se garer environ 1 km plus loin sur le terre-plein servant de parking.
Itinéraire :
Du parking, suivre le chemin s’élevant en forêt et qui, après des successions de lacets et de traversées, gagne le col de l’Aupet (1627 m) où l’on profite généralement du soleil matinal qui illumine les Rochers du Parquet.
Prendre alors à droite pour sortir des bois et trouver le grand pierrier de la face Nord-Ouest du Mont Aiguille que l’on remonte par une bonne trace jusqu’au pied de la paroi. L’attaque de la voie normale se situe au sommet d’une croupe orientée plein Nord et bordant un profond cirque de même exposition.
L’escalade démarre après une courte traversée horizontale dans les premiers rochers. Franchir d’abord un mur raide doté de bonnes prises et s’élevant sur la gauche puis revenir sur la droite pour amorcer après quelques ressauts une longue diagonale équipée d’un câble et donnant accès à son terme à une confortable terrasse abritée derrière la splendide Vierge.
On reprend l’ascension d’un mur avant de gagner le passage dit des « meules » où un nouveau câble facilite une traversée horizontale à gauche.
Au bout de cette vire, c’est le couloir final qui s’ouvre juste au dessus. Relativement raide, bien étroit et encaissé, il est ponctué de quelques ressauts où la technique d’escalade en opposition peut se révéler fort utile. A son terme, on débouche de façon évidemment spectaculaire sur le fameux « plateaux » sommital à l’extrémité Nord-Est duquel on atteint le sommet du Mont Aiguille.
Descente:
Du sommet, traverser intégralement la prairie jusqu’à son extrémité Sud-Ouest. En restant sur la bordure faitière, on découvre la plaque installée en 1992 pour célébrer le 500ème anniversaire de la première ascension du monolithe. Elle signale en même temps le couloir de descente emprunté par la plupart des grimpeurs.
Une variante de descente peut toutefois être effectuée ainsi : depuis la pointe Sud-Ouest, descendre dans les cailloux pour trouver un entonnoir encaissé et équipé de quelques pitons. On tombe alors sur une vire que l’on suit sur la droite afin d’effectuer, par le haut, le tour du pilier Sud. On découvre avec étonnement au cours de cet aérien cheminement une improbable arche rocheuse en bordure de vide. Un peu plus loin on retrouve le couloir normal de descente dans lequel on s’engage un temps. Mais au lieu de venir chercher le premier rappel, on bascule au niveau d’une petite échancrure en V sur la droite dans un couloir parallèle au couloir principal, mais beaucoup plus resserré. La désescalade se négocie face au rocher dans les sections les plus raides et quelques pitons et goujons sont en place. On finit par prendre pied sur un promontoire plat où un renfoncement du rocher présente une petite colonne calcaire bien caractéristique. A partir de cet endroit, ne plus descendre mais filer vers la droite pour venir trouver le grand rappel de 45 mètres. Particulièrement spectaculaire, ce rappel plonge en « fil d’araignée » dans les entrailles d’une gorge sombre et profonde et vient conclure l’ensemble d’une descente grandiose. Avant de se décorder et si la longueur de corde le permet, il est judicieux de profiter du rappel encore en place pour franchir des blocs coincés formant un ressaut (sinon, refaire un ultime petit rappel d’une dizaine de mètres). Une fois débarrassé de la corde, une chatière permet de se faufiler entre les derniers rochers effondrés. En sortant de la gorge, suivre la bonne vire qui passe au pied de la voie des Tubulaires puis, en remontant de quelques mètres, croise l’attaque de la Tour des Gémeaux avant de regagner le pierrier.
Le reste de la descente s’effectue par le chemin de montée via le col de l’Aupet.
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