Pic Jocelme - voie normale

Alpinisme Alpinisme Ecrins

Tous les topos s'accordent sur la cotation F (facile) de la voie normale du Pic Jocelme, traduisant la quasi-absence de difficulté de cette ascension. Le problème est que les ouvrages traitant de cette longue course "facile" ont tendance à diluer au milieu d'un descriptif parfois trop global un "détail" technique qui n'en est pas un, à savoir le couloir de liaison entre le glacier de Surette et celui du Jocelme. En montagne, il est toujours plus facile de monter que de descendre; et tout le problème est là : cette partie raide et exposée, jadis souvent enneigée arrive à s'assécher entièrement en été. Les rochers alors mis au jour sont très instables… Depuis peu, quatre points d'ancrage ont été scellés dans le couloir : "trop de gens se mettait terreur en descendant" (sic le gardien du refuge de Chabournéou). Mais que cela ne rebute pas les amateurs de grandes montagnes préservées des foules. Parce que le Jocelme c'est avant tout une superbe montée vers les dernières hautes sphères des Ecrins, avant que le massif ne s'estompe doucement dans la vallée du Champsaur.

Itinéraire

Rejoindre le grand replat herbeux (aire de bivouac privilégiée) au bout duquel on traverse le torrent de Chabournéou. Ignorer après la passerelle le sentier filant à gauche en balcon, mais monter droit dans des pentes Sud herbeuses par un bon chemin en zigzags serrés. Après une bonne montée et plusieurs traversées de pierriers, on arrive à une zone de dalles qui marquent le verrou du glacier de Surette. Elles se passent sans souci (cairns) et permettent l'accès à la moraine du glacier.

Remonter en rive droite (donc sur la gauche à la montée) du glacier. On ne sait jamais trop si l'on se trouve sur la terre ferme ou sur le glacier, mais on se rend compte rapidement que les rochers qui envahissent le terrain reposent bel et bien sur la glace ; donc gare à la glissade ! Le dernier rognon rocheux rougeâtre marque l'entrée du couloir de liaison entre le glacier de Surette et le glacier du Jocelme.

Repérer tout de suite à gauche (rive droite des cascades) un cairn qui marque le passage à suivre dans les dalles. Le couloir, souvent en neige, peut se révéler totalement sec. Les rochers d'éboulis omniprésents deviennent alors très instables et représentent à la fois un danger de glissade et un risque pour les personnes se trouvant à l'aplomb. Quatre points d'ancrage ont été installés et permettent un minimum d'assurage.

A la sortie du couloir, on débouche directement au pied du glacier du Jocelme (environ 3050 m). Mettre les crampons et remonter le glacier en direction du Pic Jocelme alors bien visible en tirant au fil de l'ascension lentement vers la droite. Arrivé au pied de la raide pente de glace finale, tirer franchement à droite jusqu'aux rochers. Selon les conditions, quitter les crampons et rejoindre l'arête Sud-Est du Jocelme un peu au-dessus de la brèche de Bonvoisin. Remonter en suivant l'arête par des rochers faciles jusqu'au Pic Jocelme d'où la vue sur les Bans, le Pelvoux et les Rouies laisse sans voix.

La descente s'effectue par le même itinéraire, mais pour les raisons évoquées plus haut, en conditions sèches, la prudence est requise dans le couloir. Ne pas hésiter à utiliser les points en place.

Ce topo ne constitue en aucun cas une sécurité pour son utilisateur. Ce dernier pratique la montagne à ses risques et périls, est autonome et responsable de lui-même et des gens qu’il emmène. Dans le cas contraire, ils fera appel à un professionnel de l’encadrement.


Le refuge Chabournéou dominé par les Pics du Loup.

les commentaires je réagis