Grand Pic de Belledonne, Croix de Belledonne - traversée des arêtes

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Les choses sont parfois bien faites : La plus belle traversée d’arête de la chaîne de Belledonne se déroule sur le fil que dessine son point culminant en séparant de manière on ne peut plus radicale la vallée du Grésivaudan de celle de l’Oisans. Digne d’une « petite traversée de la Meije » pour certains, ce parcours présente en effet, à moins de 3000 mètres d’altitude, toutes les caractéristiques des grandes courses : intérêt historique, longue approche, recherche de l’itinéraire, ambiance grandiose… sans jamais toutefois dépassé le 4ème degré de difficulté. La longueur de l’itinéraire devrait inciter à programmer cette course sur deux jours, en profitant du refuge Jean Collet par exemple, ou en établissant un bivouac à proximité du lac Blanc. Il est toutefois possible de l’envisager en une journée à condition d’être sûr de la météo, de sa forme physique et de sa gestion de l’horaire.

Itinéraire

Approche :
En excluant la piste carrossable par laquelle on arrive jusqu’ici, trois larges chemins partent du parking de la Souille. Emprunter celui marqué comme étant le GR 549 A qui, après une brève descente, file en forêt quasiment à plat. Quelques câbles viennent rendre certains passages plus confortables au cas où le terrain serait humide mais cette première traversée ne présente pas de difficulté. A 1480 m, on rencontre sur la gauche le sentier montant de la Gorge. C’est là que la montée débute, même si l’on ne tarde pas à gagner un replat alors que la végétation se raréfie. Traverser le torrent du Vorz par une bonne passerelle puis, juste après, ne pas suivre la direction du refuge Jean Collet, mais lui préférer un autre sentier, non balisé mais bien tracé qui s’élève directement en lacets dans la pente du Ravin des Excellences. On rattrape ainsi 200 mètres plus haut (1870 m) le sentier arrivant du refuge et montant au lac Blanc à travers les pentes et gradins du Cirque du Boulon.

Après une pause méritée dans ce site exceptionnel du plateau du lac Blanc, contourner le lac par la gauche (rive droite) en visant les trois pics de Belledonne qui n’apparaissent (et de quelle façon !) qu’à partir d’ici. Une bonne trace remonte tranquillement la moraine jusqu’au glacier de Freydane. Rester sur la gauche du glacier pour grimper au col de la Balmette par un couloir assez raide (crampons utiles en début de saison) collé à la face du Grand Pic. S’élever encore de quelques dizaines de mètres au-dessus du col pour trouver une petite plateforme où l’on s’équipe.

Arête Nord du Grand Pic : Le cheminement classique jusqu’au Grand Pic par l’arête Nord consiste en une sorte de longue cheminée peu technique (quelques pas de 3) encombrée de rochers branlants. La progression n’y est pas très rapide car la recherche de l’itinéraire entre en ligne de compte, notamment lorsque l’arête s’élargit sur le versant Oisans dans sa seconde partie.

Une variante directe consiste à suivre le fil de l’arête pour profiter d’un rocher plus compact et de sections d’escalade plus soutenues (4b max / quelques pitons et goujons). Au pied du grand gendarme supérieur, plutôt que de terminer au sommet par la voie normale, il est possible de venir chercher les dernières longueurs de la voie « Rébuffat » (4b/c) pour profiter d’un bon rocher (1 piton).

Traversée des arêtes :
Descendre du sommet en désescalade facile vers le Sud sur une vingtaine de mètres pour venir trouver le premier rappel (30 m) qui s’enchaîne immédiatement avec le second (35 m), puis avec le troisième (35 m). Une courte mais peu confortable traversée dans le fond d’une étroite gorgette permet de prendre pied à la brèche Reynier où démarre le fil acéré de l’arête.

Le premier gendarme se contourne facilement par sa base en versant Grésivaudan. Le second nécessite d’être gravi de moitié en empruntant une jolie dalle fracturée sur la gauche, avant d’entamer une traversée sur le versant Oisans. Une nouvelle proéminence se gravit ensuite de manière plus évidente avant de pouvoir gagner le Pic Central.

Poursuivre par le fil de l’arête en alternant descentes par de petites cheminées et franches remontées jusqu’à gagner la Croix de Belledonne.

La descente se fait d’abord par la voie normale de la Croix de Belledonne mais à 2630 m, plutôt que de descendre dans le vallon des lacs du Doménon, préférer emprunter en traversée une bonne sente menant à niveau ou presque au col de Freydane (attention, ce sentier peut-être dangereux en cas de présence de neige : risque de glissade au-dessus de barres). Là, descendre soit par l’éperon couché le long du glacier de Freydane pour retrouver rapidement le chemin de la moraine emprunté en montant, soit, à condition que la neige ait disparu, directement dans les pentes à gauche. La suite de la descente s’effectue par l’itinéraire suivi à la montée.

Ce topo ne constitue en aucun cas une sécurité pour son utilisateur. Ce dernier pratique la montagne à ses risques et périls, est autonome et responsable de lui-même et des gens qu’il emmène. Dans le cas contraire, ils fera appel à un professionnel de l'encadrement.


L'arrivée au lac Blanc avec l'objectif du jour dans la ligne de mire.

Le début de l'arête au-dessus du col de la Balmette.

L'ombre des géants plane sur le glacier de Freydane.

La partie médiane avant le sommet.

L'arête Nord du Grand Pic de Belledonne.

Le premier câble sous le sommet. Mieux vaut ne pas trop y toucher...

Les grands rappels sous le sommet en versant Eau d'Olle.

La plus belle arête du massif !

Le plus haut gendarme.

Le point de vue depuis l'arête est tout du long des plus splendides.

Passage effilé avant de gagner le Pic Central.

En se retournant sur l'arête pour contempler le parcours déjà accompli.

Dans l'axe de l'arête en se retournant vers le Grand Pic.

Le beau versant Eau d'Olle avec le lac de Belledonne tout en-bas.

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