Néron - traversée des arêtes

Alpinisme Alpinisme en Chartreuse

Néron, ou l'histoire d'un nom frappé par la malédiction du feu… Comment, en effet, ne pas relever la comparaison troublante entre le destin du tristement célèbre empereur qui fit incendier la cité de Rome en 64 après Jésus-Christ et celui de cette modeste montagne chartrousine, homonyme de l'antique tyran, qui fut le théâtre à l'été 2003 du plus important incendie que la région grenobloise ait connu, de mémoire de dauphinois. Certes, ce relief dominant la ville de St-Egrève ne tient son appellation actuelle que depuis une époque récente, mais les vestiges romains trouvés sur place à la fin du XIXème et au début du XXème siècle participent au questionnement. Sous le coup d'un arrêté municipal interdisant son accès pendant les six années qui ont suivi l'incendie, le Néron commence tout juste à retrouver sa végétation et ses adeptes. Insistons sur le fait qu'il s'agit d'une montagne très escarpée qui ne peut être gravie que par des randonneurs-grimpeurs expérimentés qui sauront se servir de la corde et renoncer en cas doute sur l'itinéraire ou de mauvais temps.

Itinéraire

Du parking, remonter encore un tout petit bout de route et bifurquer sur la gauche en suivant le premier chemin qui se présente et qui atteint après quelques centaines de mètres le "carrefour des 4 chemins" (vieux panneau de bois haut perché dans un arbre). Emprunter le chemin de droite remontant la croupe boisée vers le Nord. Environ 200 mètres plus haut, un nouveau croisement se présente. Bifurquer à gauche pour traverser la large combe descendant au pied du Néron et venir chercher l'accès à une vire aérienne mais équipée tout du long d'un bon câble. Ce passage se termine par le franchissement de la passerelle Hyppolite Muller, puis un sentier poursuit l'ascension à travers des gradins fortement boisés où l'impression de vide n'est pas vraiment présente. On débouche peu après au Poste Romain, joli belvédère sur la vallée et début de la crête du Néron.

La suite de l'itinéraire est simple puisqu'elle consiste à gravir les deux grosses bosses qui se succèdent tout en présentant des zones de dalles rocheuses et des parties où la végétation renaissante et les arbres morts rendent le sentier parfois peu visible. Le marquage bleu facilite toutefois largement l'orientation. Derrière l'ultime bosse, on est surpris par le changement d'allure de cette épaule jusqu'ici débonnaire. C'est en effet une arête plate mais effilée et difficile à protéger qui se dessine maintenant. Quelques goujons sont quand même en place et permettent un minimum de sécurisation. Plusieurs passages où l'on doit s'aider des mains s'enchainent et l'on finit par croiser la sortie du couloir en Z (un Z bleu est même peint sur le rocher pour en confirmer le lieu / descente possible mais non reconnue par nous à ce jour).

En poursuivant après la sortie du couloir en Z on arrive rapidement au pied d'une rampe montant sur la droite. Le passage est assez impressionnant mais se négocie à l'aide de bonnes prises. La belle arête rocheuse qui fait suite à cette escalade arbore une vieille croix branlante sur laquelle il ne faut pas compter s'assurer. On parvient ensuite au passage de l'Avalanche qui représente la partie la plus fine de l'arête, là où l'équilibre est mis à l'épreuve… Remis de ses émotions, un cheminement moins funambule reprend son cours et vient buter sur une grosse faille barrant la crête et obligeant à un contournement par le flanc Ouest (l'entrée amont du couloir Godefroy - confirmée par un G peint en bleu sur un rocher - se trouve au bout de canyon).

Le passage remarquable suivant est la petite descente au niveau du ravin Ulrich, nommé en mémoire de cet étudiant allemand qui, en l'été 1906, avait cru pouvoir regagner St Egrève en redescendant par ce presque accueillant couloir. Le malheureux ne s'était pas rendu compte qu'il débouchait au dessus de l'énorme paroi de la face Ouest… Il est donc clair qu'il ne faut pas s'engager dedans, mais continuer à travers les rochers sous la crête, pour venir contourner une tour par le versant Clémencières. On parvient alors à une zone de croisée de plusieurs itinéraires secondaires où une petite croix rouge métallique est en place pour matérialiser le sommet Nord (1294 m).

Continuer sur le versant Ouest sur encore quelques centaines de mètres pour trouver l'entrer du couloir de Clémencières qui descend d'abord sur la droite entre des rochers avant de plonger droit dans le versant Est. Un minimum de prudence reste de mise (surtout si le terrain est humide) dans la partie supérieure car on évolue encore un temps au dessus de barres rocheuses non négligeables. Le reste de la descente se déroule en forêt en suivant toujours les marques de peinture bleue. Au jour de la rédaction de ce topo, l'itinéraire empruntant le sentier des Quatre Couloirs était interdit jusqu'à nouvel ordre. C'est pourquoi il est impératif de continuer à descendre jusqu'à tomber, au niveau d'un croisement, sur un bon chemin balisé au dessus de Clémencières. Poursuivre alors vers le Sud pour trouver une petite route qu'il suffit de suivre sur environ 2 km pour regagner le parking.

Ce topo ne constitue en aucun cas une sécurité pour son utilisateur. Ce dernier pratique la montagne à ses risques et périls, est autonome et responsable de lui-même et des gens qu’il emmène. Dans le cas contraire, ils fera appel à un professionnel de l'encadrement.


La vire d'attaque avant la montée vers la crête.

Le passage de la passerelle Hyppolite Muller.

La crête qui précède l'arête présente une succession de grosses bosses.

La nouvelle végétation se mêle à celle, désormais prétrifiée, qui a connu l'incendie de 2003.

Dès le début de l'arête, le vide devient omniprésent.

Passée la sortie du couloir en Z, une belle rampe premet de franchir un ressaut.

Le passage de l'Avalanche représente la partie la plus fine de l'arête.

Belle ambiance quand le brouillard recouvre l'arête.

La brève descente au dessus du ravin Ulrich.

Un aperçu de l'enfilade des arêtes du Néron depuis le sommet Nord.

L'ensemble de la face Est du Néron vu depuis Narbonne.

les commentaires je réagis