Le samedi 20 janvier 2007, de 9h. à 17 h. (buffet inclus) à Grenoble, Maison du Tourisme, 14 rue de la République
Le matin
- accueil des participants ;
- intervention de David Le Breton, anthropologue, professeur à l’Université Marc Bloch de Strasbourg - auteur de deux livres dont la lecture est particulièrement recommandée : Passions du risque (Métailié, 2000) et Conduites à risque, des jeux de mort aux jeux de vivre (PUF, 2002).
- discussion générale.
L’après midi
La réflexion sera poursuivie à partir de brefs témoignages apportés par des acteurs de terrain et des chercheurs ayant fait des enquêtes de terrain. Ont été sollicités Françoise Gendarme (guide), Jean-Louis Verdier ( adjoint au maire de Chamonix), Leslie Fucsko (GHM), Nicolas Cazeneuve (le risque au féminin), Pierre Jézéquel (UCPA), Vincent Boudières (Cémagref-thèse sur le risque).
Pour préparer la journée d’étude du 20 janvier 2007
DES ACTIVITÉS À RISQUE DANS UNE SOCIÉTÉ SÉCURITAIRE
Le succès actuel des loisirs de pleine nature devrait contribuer dans les prochaines années au développement de la fréquentation de la moyenne montagne et des activités à sensations fortes proposées principalement en fond de vallée (rafting, acrobranche, Vtt, canoynisme, via ferrata, etc.). En revanche, l’avenir de la haute montagne et de l’alpinisme semble moins assuré.
Des données économiques expliquent en partie ces incertitudes. Dans un contexte où les inégalités de revenus se creusent, le pouvoir d’achat d’un certain nombre des pratiquants potentiels de la haute montagne a tendance à baisser. Et malgré les politiques de promotion de l’alpinisme de la part des fédérations (FFCAM – FFME) et des organismes tournés vers cette activité (UCPA, ENSA, etc.), le coût élevé des pratiques de l’alpinisme reste un frein important, surtout pour les jeunes.
Un autre obstacle tend également à détourner de la haute montagne une partie importante des individus susceptibles de s’y intéresser, une sorte de barrière à la fois culturelle et médiatique qui exerce un effet dissuasif très fort dans le choix des activités en montagne. L’image diffusée par les médias joue un rôle important dans ce processus en renforçant l’idée selon laquelle l’alpinisme serait réservé à une élite. Mais c’est surtout la prise de risque propre à l’alpinisme, et le rapport à la mort qu’elle oblige à considérer, qui constituent sans doute aujourd’hui la principale difficulté pour tous ceux qui envisagent de s’initier à la haute montagne. La question du risque et de son acceptation est en effet devenue un fait central de notre culture.
Dans une société qui semble gagnée par l’obsession sécuritaire, où de fortes contraintes sociales incitent à « rester dans les clous », on peut donc légitiment se demander s’il y a encore un espace disponible pour ceux qui entendent s’écarter des chemins balisés et des sites aseptisés ?
Une bonne manière de s’interroger sur la question de l’avenir de l’alpinisme mais aussi, de manière plus générale, des activités sportives « dangereuses » consiste à s’intéresser aux analyses de chercheurs concernés par d’autres espaces sociaux et d’autres formes d’exposition aux risques. Le regard de l’anthropologue David LE BRETON nous semble, de ce point de vue, une contribution des plus précieuses pour enrichir notre propre réflexion.

Actualités 2010
Fils RSS \"Actualités\"






