Au départ, cette équipe internationale était partie à la chasse à l’aérosol - particule en suspension dans l’air - en raison de son impact climatique. «C’est une des grandes causes d’incertitude des prévisions», rappelle Michel Legrand.
A l’aide de carottes de glaces extirpées du mont Blanc, de six sites de captures d’aérosols sur une ligne Açores-Budapest, d’analyses chimiques et isotopiques, les scientifiques voulaient connaître les quantités d’aérosols carbonés de l’atmosphère et en identifier les origines.
Ce qui fut fait… et déboucha sur une surprise. «On s’attendait à voir les véhicules, l’industrie et le chauffage au fioul constituer l’essentiel des particules. Or, en hiver, c’est la combustion de la biomasse (bois, feuilles) qui en représente entre 50 et 70 %», explique Legrand. En outre, des mesures ponctuelles indiquent que, même en milieu urbain, ces particules naturelles sont présentes, à raison de plusieurs centaines de nanogrammes par mètre cube. S’il se confirme qu’elles ont un effet négatif sur la santé - affections des voies respiratoires - comme l’indiquent des études épidémiologiques (2), alors il faut aussi s’occuper de cette source, jusqu’alors négligée.
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