Question. L’échelle mise en place il y a près de douze ans fonctionne-t-elle de manière homogène dans tous les massifs ?
Réponse. A la fin de 2008, hors rééditions, nous en étions à 12 volumes, soit environ 2000 courses de base et 6000 en tout avec les « variantes » importantes, de la Provence au Chablais. Sur l’ensemble on peut dire que 50% des courses sont « bien cotées » (en tout cas non discutées), à peu près autant correctes à une valeur près et donc seulement 1 ou 2% avec un écart de deux échelons. Pour ce qui est d’un écart d’un point il sera difficile de faire mieux. Et quand c’est deux points, ça saute à la figure, le collectif corrige aussitôt.
Q. L’inclinaison n’explique pas tout, particulièrement dans les courses dites faciles ou moyennes…
R. Pas seulement l’inclinaison ; même la cotation n’est pas le facteur principal présidant au choix d’une course facile. Il est plus important ici d’expliciter les conditions dans lesquelles telle course vaut 1.2 ou 2.2 : le remplissage, la probabilité de rencontrer tel type de neige, une petite remontée etc. Tout n’est pas quantifiable. J’ai eu l’occasion ces dernières années de l’expérimenter. Par exemple j’ai eu plus de facilité à skier (montée et descente) le pas de l’Œille à la dent de Crolles (4.1) que les portions de chemin sur le pic Saint-Michel ou Chamechaude, le tout avec la même qualité de neige. Vu le type de handicap physique que j’avais, la difficulté se jugeait de la façon suivante : ce terrain réserve-t-il des surprises, des gestes brusques imprévus ? Si c’est oui, alors c’est difficile, si c’est non, c’est facile. Mais il n’est pas certain que le jugement d’un « expert handicapé » corresponde à celui d’un « débutant valide » : d’où la nécessité de réunir une variété d’avis avant de poser une cotation.
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